<?xml version="1.0" encoding="utf-8" standalone="yes"?><rss version="2.0" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom" xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"><channel><title>Posts on DSI &amp; IA</title><link>https://blog.quelen.net/posts/</link><description>Recent content in Posts on DSI &amp; IA</description><generator>Hugo</generator><language>fr-FR</language><lastBuildDate>Fri, 21 Aug 2026 10:00:00 +0200</lastBuildDate><atom:link href="https://blog.quelen.net/posts/index.xml" rel="self" type="application/rss+xml"/><item><title>Quatre questions avant de lancer un projet IA</title><link>https://blog.quelen.net/posts/quatre-questions-avant-un-projet-ia/</link><pubDate>Fri, 21 Aug 2026 10:00:00 +0200</pubDate><guid>https://blog.quelen.net/posts/quatre-questions-avant-un-projet-ia/</guid><description>La grille de cadrage que j&amp;#39;applique avant d&amp;#39;engager un euro sur un projet d&amp;#39;IA — et pourquoi la question technique arrive en dernier.</description><content:encoded><![CDATA[<p>La pression est réelle : un comité de direction qui a lu trois articles, des
éditeurs qui ajoutent « AI-powered » à leur plaquette, des équipes qui utilisent
déjà des assistants sans le dire. Dans ce contexte, le réflexe est de lancer un
POC pour montrer qu&rsquo;on avance.</p>
<p>C&rsquo;est exactement l&rsquo;erreur. Un POC réussi ne prouve rien d&rsquo;autre que la
faisabilité technique — la partie qui, aujourd&rsquo;hui, échoue rarement. Ce qui
échoue, c&rsquo;est la mise en production, l&rsquo;adoption et le modèle économique.</p>
<p>Voici les quatre questions que je pose avant d&rsquo;engager quoi que ce soit.</p>
<h2 id="1-quelle-décision-ou-quel-geste-métier-change-">1. Quelle décision ou quel geste métier change ?</h2>
<p>Pas « quel outil on déploie » : <strong>qu&rsquo;est-ce que quelqu&rsquo;un fera différemment
lundi matin</strong>.</p>
<p>Si la réponse est floue — « gagner du temps », « améliorer la qualité » — le
projet n&rsquo;a pas de cible et ne pourra pas être évalué. Si la réponse est nette —
« l&rsquo;assistante commerciale ne ressaisit plus les bons de commande reçus par
mail » — on a un périmètre, un utilisateur, et un avant/après mesurable.</p>
<p>Formulation utile : <em>aujourd&rsquo;hui X fait Y en Z minutes ; demain X fait Y en Z&rsquo; minutes,
ou ne le fait plus du tout</em>.</p>
<h2 id="2-quest-ce-qui-se-passe-quand-le-modèle-se-trompe-">2. Qu&rsquo;est-ce qui se passe quand le modèle se trompe ?</h2>
<p>Toute IA générative produit des sorties fausses avec assurance. La question
n&rsquo;est donc jamais « est-ce que ça peut se tromper » mais <strong>combien coûte une
erreur, et qui la rattrape</strong>.</p>
<p>Trois catégories, dans l&rsquo;ordre de difficulté croissante :</p>
<ul>
<li><strong>Erreur visible et sans conséquence</strong> — un brouillon de mail mal tourné, un
résumé approximatif. L&rsquo;utilisateur corrige, le coût est nul. C&rsquo;est là qu&rsquo;il
faut commencer.</li>
<li><strong>Erreur visible et coûteuse</strong> — un montant erroné dans une commande. Il faut
un contrôle humain explicite dans le circuit, ce qui rogne le gain de temps
annoncé. À chiffrer honnêtement.</li>
<li><strong>Erreur invisible</strong> — une donnée fausse injectée dans un système aval, une
classification silencieusement biaisée. À éviter tant qu&rsquo;on n&rsquo;a pas de
mécanisme de détection. C&rsquo;est là que se logent les vrais incidents.</li>
</ul>
<p>Si un projet tombe dans la troisième catégorie et que personne ne sait comment
détecter la dérive, ce n&rsquo;est pas un projet : c&rsquo;est une dette en construction.</p>
<h2 id="3-où-sont-les-données-et-qui-a-le-droit-de-les-voir-">3. Où sont les données, et qui a le droit de les voir ?</h2>
<p>Deux sujets distincts qu&rsquo;on confond souvent.</p>
<p><strong>La localisation</strong> : quelles données sortent du SI, vers quel hébergement, sous
quel contrat, avec quelle durée de conservation et quel usage pour
l&rsquo;entraînement. Un engagement de non-entraînement sur les données client doit
être écrit dans le contrat, pas déduit d&rsquo;une page marketing.</p>
<p><strong>Les habilitations</strong> : c&rsquo;est le piège le plus fréquent. Un assistant branché
sur une base documentaire hérite des droits du <em>connecteur</em>, pas de ceux de
<em>l&rsquo;utilisateur</em>. Résultat classique : n&rsquo;importe qui interroge l&rsquo;assistant et
obtient le contenu de dossiers auxquels il n&rsquo;a pas accès. Le RAG ne crée pas la
fuite, il la rend interrogeable en langage naturel — et donc découvrable par
accident.</p>
<p>Avant tout déploiement : vérifier que la recherche respecte les ACL à
l&rsquo;exécution, utilisateur par utilisateur. Si l&rsquo;éditeur ne peut pas le démontrer,
la réponse est non.</p>
<h2 id="4-combien-ça-coûte-en-régime-établi-">4. Combien ça coûte en régime établi ?</h2>
<p>Le coût d&rsquo;un pilote n&rsquo;a aucune valeur prédictive. Ce qu&rsquo;il faut estimer :</p>
<table>
	<thead>
			<tr>
					<th>Poste</th>
					<th>À ne pas oublier</th>
			</tr>
	</thead>
	<tbody>
			<tr>
					<td>Inférence</td>
					<td>Coût par usage × volume réel, pas volume pilote. Les usages qui marchent explosent.</td>
			</tr>
			<tr>
					<td>Intégration</td>
					<td>Connecteurs, SSO, journalisation, reprise de données. Souvent le premier poste.</td>
			</tr>
			<tr>
					<td>Maintien</td>
					<td>Un modèle est déprécié en 12 à 18 mois. Le prompt et les évaluations sont à refaire.</td>
			</tr>
			<tr>
					<td>Accompagnement</td>
					<td>Formation, support niveau 1, gestion des attentes. Systématiquement sous-estimé.</td>
			</tr>
			<tr>
					<td>Sortie</td>
					<td>Reversibilité : si l&rsquo;éditeur triple ses tarifs, quel est le plan ?</td>
			</tr>
	</tbody>
</table>
<p>La ligne « maintien » est celle qui surprend le plus. Contrairement à un
applicatif classique qui peut rester stable des années, une brique IA vieillit
vite : les modèles changent, les API évoluent, les comportements dérivent. Il
faut budgéter un entretien récurrent, pas un investissement one-shot.</p>
<h2 id="et-la-technique-">Et la technique ?</h2>
<p>Elle arrive après — et c&rsquo;est volontaire. Le choix entre un éditeur intégré, une
API, un modèle auto-hébergé ou une architecture RAG maison est une conséquence
des quatre réponses précédentes, pas un point de départ.</p>
<p>Un projet dont l&rsquo;erreur est sans conséquence, sur des données non sensibles,
avec un volume faible ? Un outil du marché suffit, on n&rsquo;a rien à construire.
Un projet sur des données réglementées, avec des habilitations fines et un
volume élevé ? Là seulement la question de l&rsquo;auto-hébergement devient
pertinente — et le coût du choix précédent devient calculable.</p>
<p>Commencer par la technique, c&rsquo;est choisir une solution avant de connaître le
problème. C&rsquo;est aussi comme ça qu&rsquo;on se retrouve avec un cluster GPU qui sert à
résumer des comptes rendus de réunion.</p>
]]></content:encoded></item></channel></rss>